Si on écoutait les femmes.
Bienvenue dans « On en parle ?! », votre dose sur la santé féminine. Tous les mois, je vous parle d’un sujet que mes bouquins de SVT n’ont pas évoqué, qu’on ne m’a pas expliqué en consultation médicale, que ma mère a oublié de mentionner ou qu’on balaie d’un revers de la main parce que bon « c’est naturel ».
🎙Ce que vous allez écouter
0’00 à 6’55 : Mais qu’est-ce qui m’arrive ?
7’15 à 10’00 : « Vous n’aurez pas d’enfant »
10’00 à 13’35 : Bon, et mes trompes alors ?
14’21 à 18’55 : Putain de chlamydia
18’58 à 24’45 : L’entrée officielle en PMA
✅ Ce qu’il faut checker avant la pose d’un DIU (Dispositif Intra Utérin)
Pour commencer, la pose d’un stérilet peut se faire chez un.e gynécologue, chez un.e sage-femme ou chez un.e médecin généraliste. Et contrairement à ce que je pensais, aucun d’entre eux n’est dans l’obligation de vous faire une échographie pour éliminer la présence d’une grossesse ou de vous prescrire une prise de sang pour le dépistage d’éventuelles IST.
Les professionnels de santé réalisent une sorte de dépistage oral basé sur le risque. Je m’explique. Si la personne venue pour la pose d’un DIU a moins de 25 ans, a des partenaires multiples, une utilisation incohérente du préservatif ou encore des antécédents d’infections transmissibles, le professionnel va sûrement lui proposer un dépistage et/ou de checker si éventuelle grossesse. En revanche, si vous avez 30 ans, êtes en couple depuis 5 ans et preniez jusqu’à présent une contraception orale, on pourrait ne rien vérifier.
Pourquoi c’est une erreur ? Parce que déjà être en couple ne nous protège pas de potentielles infidélités (on ne remercie pas le mec de Marie de l’époque). Ensuite, de nombreuses IST peuvent être asymptomatiques, chlamydia en tête. Avec pourtant de réelles complications gynécologiques (ici chlamydia non détectée -> pose d’un stérilet sur un foyer infectieux -> pelvipéritonite sévère -> trompes bouchées -> infertilité).
Prenez le contrôle 💪🏻 On ne jette pas la pierre aux pros de santé. Après tout, le MSD (une des sources d’informations médicales les plus utilisées dans le monde) se base sur cette notion de risque, comme je l’expliquais ci-dessus et ne systématise donc pas ces examens.
Pour autant, vous êtes en droit de les demander à votre médecin. S’il ne vous prescrit aucun examen avant la pose d’un DIU, demandez une ordonnance pour une échographie abdominale et un dépistage en laboratoire pour VIH, chlamydia, hépatite B, gonocoque et syphilis (tant qu’on y est, autant faire la totale). Une fois que tous les résultats reviennent négatifs, vous êtes prêtes (et sereines) pour la pose.
Les contre-indications à la pose d’un stérilet au cuivre
- Malformations utérines
- Infections en cours
- Saignements inexpliqués
- Grossesse
- Fibrome intra-utérin
- Allergie au cuivre
- Cancer de l’endomètre ou du col de l’utérus
🦠 La chlamydia, si fréquente et si silencieuse
En 2018, la Haute Autorité de Santé (HAS) indiquait que 60 à 70% des femmes atteintes de chlamydia ne ressentaient aucun symptôme. C’est ballot quand on sait que cette infection se traite facilement par antibiotiques. Et encore plus ballot quand on sait que non traitée, elle peut notamment provoquer : grossesse extra-utérine, infection pelvienne chronique, infertilité, douleur chronique du pelvis.
La HAS recommandait alors un dépistage systématique de l’infection chez les femmes sexuellement actives (entre 15 et 25 ans) pour traiter, déjà, mais également pour éviter la propagation de la bactérie au sein de la population.
Car la chlamdyia trachomatis - de son nom savant - se transmet fréquemment lors de rapports sexuels non protégés (vaginaux, anaux, oraux).
Le test est négatif 🎉 Mais si vous avez de nouveau des rapports sexuels non protégés et/ou avec un nouveau partenaire, il faut répéter le test chaque année.
Le test est positif 😩 Ok, relou mais il est préférable de le savoir. Un traitement antibiotique vous sera prescrit et vous devrez de nouveau vous faire tester 3 à 6 mois après la fin de celui-ci pour vous assurer que l’IST est soignée.
📣 Et si Marie avait été écoutée ?
Marie reconnaît que les professionnels de santé ne sont pas (et ne peuvent pas être) des spécialistes dans tous les domaines. En effet, on ne va pas demander à un oncologue de procéder à un accouchement ou de poser une couronne dentaire. Mais si Marie avait été écoutée, si les bonnes questions avaient été posées, son parcours aurait été sûrement différent.
Le gynécologue qui lui pose le DIU : il reçoit une patiente de 25 ans, nullipare, qui lui dit avoir plusieurs partenaires. Il a tilté seulement sur le « nullipare », n’a pas posé plus de questions et lui a posé le DIU. Une semaine plus tard, Marie revient. Elle a des douleurs atroces et saigne beaucoup. Le gynéco n’y voit qu’une jeune qui n’a pas supporté le stérilet, lui retire et point.
Le chirurgien qui l’opère : Quand les examens ne révèlent rien de très inquiétant mais que Marie continue de se plaindre de douleurs sans en connaître la raison, le chirurgien lui annonce que l’exploration ne semble pas nécessaire. La gynécologue, qui lui avait prescrit cette échographie abdominale, lui a bien dit qu’il était important de faire cet examen pour éliminer la suspicion de salpingite. Marie insiste. L’exploration a lieu, il s’agit d’une pelvipéritonite sévère avec début de septicémie, Marie a évité le pire.
Le médecin généraliste qu’elle va voir 5 ans après en lui expliquant qu’elle a des douleurs constantes au ventre et des difficultés à aller à la selle. « Bon, ça doit être simplement une colopathie fonctionnelle. » Lorsque Marie réalise une double salpingectomie (ablation des trompes de Fallope), ses maux de ventre disparaissent. En réalité, ce sont les adhérences qui s’étaient créées qui en étaient à l’origine.
Pour en savoir plus sur le parcours de Marie en PMA, vous pouvez la suivre sur son compte Instagram Sur le FIV.