Anatomie de notre périnée 3/3
Bienvenue dans « On en parle ?! », votre dose sur la santé féminine. Tous les mois, je vous parle d’un sujet que mes bouquins de SVT n’ont pas évoqué, qu’on ne m’a pas expliqué en consultation médicale, que ma mère a oublié de mentionner ou qu’on balaie d’un revers de la main parce que bon « c’est naturel ».
Vous allez écouter ou lire la dernière d’Anatomie de notre périnée !
Si vous n’avez pas écouté ou lu la partie 1, rattrapage ici !
La partie 2, c’est là.
Vous pouvez écouter la newsletter…
…Ou la lire
Simple, basique : vous allez avoir les bases pour votre périnée.🤓
Bon maintenant qu’on a passé en détail la théorie, il va falloir passer à la pratique.
Je vais vous parler des conseils qu’on m’a donné et que j’applique ! Il y en a une multitude d’autres que vous pouvez retrouver notamment dans l’article les 10 commandements du périnée du site perineduc.fr.
💩 Influenceuse caca (on a l’influence qu’on mérite) : je ne réponds pas toujours au premier besoin (je sais, c’est pas bien) mais je fais partie de celles qui ne peuvent pas faire caca partout. Rapport aux odeurs et au bruit, tout ça. En revanche, chez moi j’ai clairement adopté le marchepied pour remonter mes genoux et permettre à mon sphincter de s’ouvrir complètement. Parce que comme me l’a partagé Anne-Cécile Pizzoferrato « vous aurez beau renforcer votre périnée, si vous poussez tous les jours pour aller à la selle ça fout en l’air tout le travail ». Je vous partage ce qu’on utilise à la maison avec mes filles. Ceci n’est pas un lien affilié ou sponso, je suis influenceuse caca bénévole 😉. Et pour comprendre tous les bienfaits de son utilisation, je vous conseille de regarder cette vidéo - avec vos enfants d’ailleurs - car la licorne illustre parfaitement mon propos. D’ailleurs, vous ne trouvez pas que Prince Caca a des airs de Panayotis Pascot ? (pardon je m’égare).
🚿 J’essaie de ne plus faire pipi sous la douche. (Oh là là cette intimité qu’on partage si rapidement). Pendant longtemps, j’avais l’impression de bien agir pour la planète (hop, une chasse d’eau en moins) mais mon cerveau a fini par associer eau = pipi. Résultat, j’ai beau être allée aux toilettes en amont, je vais forcément laisser échapper quelques gouttes sous la douche ou dans l’eau de mer et devoir me retenir dans la piscine. Cela crée en effet ce qu’on l’appelle des urgences mictionnelles, ce qui signifie que l’on n’arrive plus à se retenir. Donc tant pis pour la planète.
📦 J’ai intégré la contraction du périnée dans mon quotidien suite à ma dernière rééducation périnéale. Quand je me baisse pour ramasser quelque chose, quand je vais porter un objet lourd (genre ma fille de 7 ans ou mon chien), quand je sens que je vais éternuer, etc. Je ne contracte pas TOUT le temps, hein. De toute façon, ce serait bien impossible. Mais j’essaie d’y penser quand je sais qu’il va être sollicité et qu’il ne va pas trop aimer.
🧘🏻♀️ J’évite également l’apnée lorsque je soulève une charge et je souffle à l’effort, notamment quand je fais du sport. Le pilates et le yoga m’ont permis de prendre conscience de l’existence de mon périnée et de comment l’engager volontairement ou - à contrario - le laisser faire son taf comme un grand. Surtout qu’un cours de pilates, ce n’est pas un cours de périnée comme me l’a rappelé Cécile de Mo.u.ve, éducatrice sportive et professeur de Pilates (la mienne). « En pilates classique, les mouvements sont adaptés à la physiologie du périnée. Mais on évite de parler de périnée car c’est trop réducteur ! Il est relié à des os, des tendons, des muscles, etc. Il n’est pas tout seul donc il ne faut pas l’isoler. Il faut donc arrêter de dire que le pilates muscle le périnée, parlons plutôt du fait qu’il le protège ! » Surtout que le périnée est composée de 20% de muscles dont seulement 20 % encore sont à contrôle volontaire, comme l’explique Manon Descroix, fondatrice chez Ayu Yoga School (où j’ai réalisé mon 200h de yoga) dans l’un de ses articles en juin 2024. « Quand on tousse, éternue, rigole, saute, il se contracte automatiquement sans qu’on ait à y penser. Dans la pratique du yoga, il s’engage de manière spontanée dans certaines postures, par exemple lorsqu’on cherche une forme d’auto-agrandissement et qu’on active les muscles du ventre. » D’ailleurs dans ses cours de pilates, Cécile parle bien d’engagement et non de contraction. « Ne pousses pas ton ventre », « engages ton centre », « grandis toi », « ne bloques pas ta respi » sont donc un florilège des phrases que j’entends à mon cours hebdo !
Maintenant j’ai une question : avez-vous contracté/engagé votre périnée au-moins une fois pendant la lecture de cette newsletter ?
Si oui, 👏🏻
Si non, on va juste prendre quelques secondes pour vous aider à le visualiser.
Levez-vous, tenez-vous bien droite, les épaules baissées, les deux pieds bien ancrés dans le sol. Maintenant engagez du bas du ventre et grandissez-vous. Puis ramenez tout vers le haut comme si vous zippiez une fermeture éclair.
Enfin (oui j’ai du mal à m’arrêter quand je suis lancée), je vous partagerai cette anecdote entendue lors de ma formation sur le périnée avec Bernadette de Gasquet. À l’époque où les femmes retournaient bosser dans le champ le lendemain de leur accouchement et « réarmaient démographiquement » la France sans trop avoir le choix, elles avaient leur propre technique bien à elles. Pas de chichi, une bonne pomme de terre qu’elle s’enfonçait dans le vagin et ciao le prolapsus. (Ceci n’est pas une expérience à reproduire chez vous.)
Source : site AgriGenre légendée : "Récolte de pommes de terre"
Il n’y avait pas de rééducation périnéale, pas de solution long terme (tout le monde mourrait relativement jeunes, me direz-vous), on ne prenait pas soin de la santé des femmes (les connaissances étaient de toute façon très limitées) et pourtant, ces femmes avaient conscience que quelque chose pouvait potentiellement leur filer entre les jambes. Qu’il était nécessaire de boucher le trou quel qu’en soit la cause. Elles n’avaient pas le loisir de s’interroger, de rectifier le tir.
Nous si. Écoutez-vous. N’ayez pas honte de consulter, n’ayez pas peur de poser des questions. Si vous faites quelques gouttes dans votre culotte quand vous éternuez ou pendant vos squats, si vous êtes constipée de façon récurrente, si vous sentez une pesanteur dans cette zone, si vous avez mal lors d’une pénétration, faites-vous accompagner. Que vous ayez 20 ou 60 ans, il n’est jamais trop tard.